Boutique de la Statue Religieuse Chrétienne

LA BOUTIQUE DE LA STATUE RELIGIEUSE CHRÉTIENNE

Les reliques de Saint Benoît au Mont Cassin

Les Reliques de Saint Benoît au Mont Cassin

Son Éminence le cardinal Bartolini nous permettra de révoquer, en doute la parfaite exactitude, ou du moins l'autorité historique d'un autre document inédit également publié par lui (1).

C'est une note de D. Honorat Medici, qui fit profession au Mont-Cassin en 1571. Il a mentionné, dans un manuscrit quelconque, un fait qui, selon lui, se serait passé en 1545.

En 1545, le jeune profès de 1571 n'était certainement pas né. Il n'a donc pas pu être témoin de ce qu'il raconte. De qui tenait-il ce fait? A quelle époque l'a-t-il écrit ?

Si c'est au commencement du XVIIe siècle, ce serait plus d'un demi-siècle après l'évènement.

Aussi bien, si l'abbé Geronimo de Piacenza a fait réellement la découverte du corps de saint Benoît en 1545, pourquoi n'a-t-il pas enfin fait dresser un procès-verbal authentique de cette découverte ? D'où vient que toutes ces reconnaissances n'ont abouti jusqu'ici qu'à des actes secrets, et à des protestations

 

(1) Cardinal Bartolini, Di S. Zaccaria Papa, Documenti, p. 42. Comme nous le verrons; Angelo della Noce-avait allégué, mais non pas publié ce document. De même Pietro Ricordato et Mgr Giustiniani (Apologia, n. 36).

 

 

148

emphatiques (1), ne reposant que sur le témoignage d'un seul homme ? Testis unus, testis nullus. C'est un axiome juridique.

De plus, il est temps de le dire : tous ces documents peuvent être récusés à bon droit, comme étant radicalement entachés de partialité. Ils ont tous été. produits et façonnés au milieu de l'effervescence de la polémique, le prétendu procès-verbal aussi bien que la note de D. Honorat Medici.

La première édition de la Chronique de Léon de Marsi, on s'en souvient, avait paru à Venise en 1513; cette publication avait été comme le signal des discussions les plus vives entre les Français et les Italiens.

Mais voici une dernière invention des reliques que les Cassinésiens considèrent comme une démonstration de la vérité de leur opinion.

« Le 7 aoùt 1659, D. Angelo della Noce, abbé du Mont-Cassin, visita le tombeau de saint Benoît : c'est lui-même qui l'atteste, ou plutôt qui s'en glorifie. « En présence de tous les religieux du Mont-Cassin, dit-il (2), et d'une foule innombrable accourue à ce spectacle et versant des larmes de joie, nous avons nous-mêmes vu ce trésor. Et considérant cet évènement comme le plus heureux de ma vie, j'ai chanté du fond du coeur : « Maintenant, Seigneur, vous pouvez envoyer en paix votre serviteur, puisque a mes yeux ont vu le très saint patriarche, la gloire de l'Italie, le désiré de la France. »

Ce chant de triomphe est-il l'expression fidèle de la vérité? Qu'avait vu le pieux abbé? Il le dit ailleurs (3) : «Il y avait dans la même cassette (IN EADEM CAPSULA) quelques côtes, les portions les plus épaisses du crâne, l'os appelé sacrum, quoique en partie

 

(1) D. Angelo della Noce, dans son Appendix tertia (Muratori, Scriptor. Italici, .IV, p. 625), dit: « Opponimus iteratam inventionem anni 1545 12 martii, ab universo clero et populo Casinensi concelebratam. » Où est le procès-verbal de cette reconnaissance solennelle ? S. E. le Cardinal Bartoloni ne l'appuie que sur la note ci-dessus alléguée.

(2) Angelus de Nuce, Appendix tertia; apud Muratori, Scriptor. Italici, t. IV, p. 625: « Tandem opponimus inspectionem nostram, anno 1659, die Augusti septimo, Casinatibus cunctis aliisque innumeris ad sacrum spectaculum religiose accurrentibus et in laetitaie lacrymas eliquatis. Quod felicissimum ducens penentissimis ex visceribus cecini : « Nunc dimitlis servum tuum, Domine, in pace, quia viderunt oculi mei sanctissimum patriarcham, Italiae decus, Galliae desiderium. »

(3) Muratori, lot. cit., p. 438 : « Ex retenti inspectione anni 1659, costae aliquae, cranii partes crassiores, os quod votant sacrum, altera licet parte corrosum superesse conspeximus, praeter ossa minutiora innumera, eineresque copiosos IN EADEM CAPSULA repositos. »

 

149

 

corrodé, outre de petits fragments réduits en poussière en très grand nombre. »

Est-ce donc là un corps entier, ou la majeure partie d'un corps?

Comment un corps entier en 1486 était-il réduit à de si faibles portions en 1659 ? Angelo della Noce dit (1) que les têtes de saint Benoît et de sainte Scholastique étaient encore intactes en 1545.

Où en est la preuve? La note de D. Honorat Medici dit seulement que (2) l'abbé Geronimo de Piacenza, prit les têtes de saint Benoît et de sainte Scholastique et les fit baiser à tous les moines.» Il ne dit pas un mot de leur l'état de conservation. Qui osera nier que par le mot têtes on ne puisse entendre un os quelconque de cette partie du corps?

Mais, allons plus loin : l'affirmation de D. Honorat est-elle bien exacte ? Nous avons montré qu'elle ne pouvait pas être considérée comme un témoignage suffisamment autorisé. D. Angelo della Noce nous en fournit la preuve.

Si la tête de sainte Scholastique reposait au Mont-Cassin en 1545, d'où vient qu'elle n'y était plus en 1659 ? car l'abbé D. Angelo n'y a trouvé que la tète de saint Benoît. Qui l'avait enlevée ? Cette disparition rend fort suspecte, du moins en ce point, l'assertion de D. Honorat Medici.

Dans tous les cas, nous sommes loin de la comparaison que l'on propose avec ce qui s'est passé récemment à Milan. On y a découvert des corps entiers et non pas deux ou trois ossements épars. Loin donc d'infirmer la vérité de la tradition française, la découverte de D. Angelo della Noce ne fait que lui donner une nouvelle autorité. Mais ces ossements sont-ils ceux de saint Benoît ou ceux de ces saints innommés dont fait mention le procès-verbal de 1486 ? Ou du moins, n'a-t-on pas mêlé de ces derniers aux restes du saint Patriarche ?

En effet, des textes fournis par les Cassinésiens eux-mêmes ressort un argument invincible contre les documents produits par le faux Anastase, Pierre Diacre, et le prétendu procès-verbal de 1486. Dans toutes ces pièces copiées les unes sur les autres, les corps de

 

(1) Muratori, loc. cit. : « Cavo ergo putes usquequaque in cinerem ex tunc membra defluxa ; cum anno 1545, capita sanctorum fratrum adhuc integra perdurarent. »

(2) Card. Bartolini, loc. cit., Docum. p. 72: « Et prese le teste del S° Benedetto et S. Scholastica, et li fe basciare con gran lachrimeda tutti li monaci. »

 

 

150

 

saint Benoît et de sainte Scholastique sont représentés REPOSANT EN ENTIER dans leurs tombeaux, et non pas dans un reliquaire quelconque. Disons mieux : sous l'empire d'un zèle mal réglé, le faux Anastase et Pierre Diacre, imités par l'auteur du procès-verbal, ont détourné de son sens primitif le mot corpus, qui, on s'en souvient, signifie souvent, au moyen-âge, le tombeau toujours vénéré d'un saint, lors même qu'il est plus ou moins complètement privé des restes mortels qui l'ont sanctifié (1). Paul Diacre l'a manifestement employé dans ce sens, et Léon d'Ostie, sous la haute surveillance du saint abbé Oderisius, a levé l'équivoque en ne parlant que du tombeau (tumulus) plus ou moins vide, découvert en 1066.

Pierre Diacre, en copiant le faux Anastase, a complètement dénaturé le texte de Léon d'Ostie. Il s'ensuit que, selon lui et d'après les documents apocryphes dont il sera question tout à l'heure, les corpora sanctorum sont distincts des sepulcra, mais y reposent intacts.

Le faux Anastase et le prétendu procès-verbal de 1486 ont pourtant eu la naïveté de parler D'UNE CASSETTE, contenant des os de saint Benoît et de sainte Scholastique réduits en poussière (loculus ex lignis Sethin eorum pulverem continens) et qui était déposée à gauche de leurs tombeaux (in sinistro sepulcrorum latere).

L'auteur du procès-verbal suppose, il est vrai, que cette cassette contenait la chair des deux saints ; mais c'est là une interpolation évidente du texte qui lui sert de guide. Or, s'il en est ainsi, nous sommes obligés de demander d'où vient cette chair (caro), d'où viennent ces os introduits dans la cassette? Par qui, à quelle époque y ont-ils été mêlés avec la poussière qui SEULE y était contenue au XIe siècle ? Ces reliques nouvelles y auraient-elles été mises seulement en 1486 ou en 1545 ? Les a-t-on prises dans les sarcophages des deux saints, ou dans les reliquaires de Carloman,

 

 

(1) M. de Rossi vient de publier dans le dernier numéro de son Bulletin d'archéologie chrétienne (édition française, 3e série, 5e année 1880, fascic. 3-4, p. 1325, une découverte qui confirme merveilleusement cette vérité archéologique. Il s'agit du sépulcre de sainte Christine de Bolsène en toscane, dont le corps fut enlevé par des Français antérieurement au Xe siècle. Les débris de son corps laissés dans le sarcophage spolié consistaient en de la poussière et de menus fragments d'ossements absolument comme dans le sépulcre de saint Benoît, au témoignage de Paul Diacre (membra defluxa). Ces restes furent recueillis par les habitants de Bolsène dans une cassette de bois renfermée dans une urne de marbre sur laquelle on grava cette inscription : « Hic requiescit corpus sanctae Christianae virginis et martyris. » Donc Hic requiescit corpus doit s'entendre dans le sens indiqué par nous.

 

151

 

de Constantin ou de Simplice, ou encore parmi CES CORPS SAINTS qui, d'après le procès-verbal, se conservaient à côté du double sépulcre de saint Benoît (sub dicto altari multa alia corpora sanctorum quae hic non sont ascripta) ?

Ce sont là autant de mystères extrêmement graves, que les Cassinésiens n'ont jamais songé à éclaircir, et dont la solution est cependant nécessaire pour donner à leurs reliques de saint Benoît une parfaite authenticité (1). Car D. Angelo della Noce avoue que c'est bien de cette cassette (CAPSULA) qu'il retira les reliques dont il fait l'énumération.

Nous pouvons même ajouter une donnée récente que nous puisons dans les archives de notre famille religieuse.

Voici ce que notre regretté et vénéré père dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, nous raconta, le 4 décembre 1874, dans une de ces conférences spirituelles de doux souvenir, où il savait si bien allier la science et la piété: « En 1856, nous dit-il, lorsque j'allai au Mont-Cassin, le révérendissime Père abbé me proposa lui-même de visiter les reliques de saint Benoît. C'était le soir après vêpres. Nous descendîmes avec lui, quelques moines et des domestiques, dans la crypte sous le maltre-autel. En examinant l'agencement des dalles, nous vîmes que toutes convergeaient vers une dalle de marbre blanc de quatre pieds a environ. Sur mes instances, on enleva cette dalle, et nous nous trouvâmes en présence d'un coffret long d'une coudée et haut comme une palme : c'était le loculus contenant le précieux dépôt. Malheureusement, nous n'étions pas pourvus des instruments nécessaires pour aller plus loin. »

Évidemment, c'était bien la cassette ouverte par D. Angelo della Noce et signalée par le faux Anastase et le procès-verbal de 1486. Une conclusion s'impose à quiconque a suivi, sans parti pris, les pièces de la cause que nous venons de mettre successivement sous les yeux du lecteur : les corps de saint Benoît et de sa soeur furent réellement enlevés de leur double tombeau par les moines

 

(1) En 1668, D. Angelo della Noce, dans l'ardeur de la polémique, avait affirmé avec assurance, comme nous l'avons vu, l'incontestable authenticité des reliques qu'il avait trouvées en 1659. Mais au mois de juillet 1685, (Mabillon, Musaeum Italicum, t.I, p. 70) D. Mabillon, l'ayant rencontré à Rome, lui demanda de lui dire en conscience toute la vérité sur ce point. Voici sa réponse (Mabillon, Annal. Bened. lib. XIV, an. 653, n° 29) : « Inventum quidem ab se tumulum, inventa ossa sub altari, sed absque ulla inscriptione, absque ullo denique indicio quo ea esse sancti Benedicti ossa testatum fieret : nisi quod tumulus in loco positus esset, ubi sanctissimi Patris corpus sepultum fuisse majorum ferebat traditio. »

 

 

152

 

de Fleury. Mais, soit que ceux-ci n'aient pas dérobé tous les os des deux corps, soit qu'on en ait postérieurement restitué quelques reliques, il paraît très probable que le Mont-Cassin a possédé quelques ossements du saint patriarche. Seulement un zèle trop ardent a poussé deux écrivains de cette illustre abbaye à des actes déplorables qui ont engagé leurs confrères dans une fausse voie. Ne pouvant se résoudre à avouer la perte de la plus grande partie d'un dépôt si cher, ils ont employé, depuis le XIe siècle, des moyens injustifiables pour jeter le discrédit sur la tradition française. Loin d'atteindre leur but, ils n'ont réussi qu'à rendre suspecte l'authenticité des reliques de saint Benoît conservées dans la crypte de leur illustre basilique.

Nos coups de coeur

Livraison offerte

Frais de Port offert
Frais de transport offert dès 59 €

Accueil téléphonique

téléphone : 04 90 90 26 52
à partir de 9h
04 90 90 26 52

Satisfait ou remboursé

7 jours pour changer d'avis
Acheter en toute sérénité, vous avez 7 jours pour changer d'avis.

Paiement avec le LCL

Paiement CB avec le LCL et PAYPAL

Paiement par chèque

chèques et mandats cash acceptés
Notre boutique accepte les chèques et mandats cash


  • Les reliques de Saint Benoît au Mont Cassin | Boutique de la Statue Religieuse Chrétienne