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Saint Benoît : Mont-Cassin avant la translation

Saint Benoît : le Mont-Cassin avant la Translation

Nous savons par saint Grégoire le Grand (1), auteur contemporain, que saint Benoît et sa soeur sainte Scholastique furent enterrés dans le même sépulcre, préparé par le saint patriarche luimême sur le Mont-Cassin, dans l'oratoire dédié à saint Jean-Baptiste (2). Ce double sépulcre devint célèbre par les nombreux miracles qu'y opéraient le frère et la soeur (3), jusqu'au jour néfaste prédit par le bienheureux législateur (4).

Un de ses amis, nommé Théoprobus, le trouva un jour dans sa cellule pleurant amèrement. Par respect, il resta quelque temps silencieux. devant lui; mais, voyant que ses pleurs, accompagnés de gémissements, ne discontinuaient pas, il lui demanda le sujet d'une telle douleur. Le serviteur de Dieu lui répondit : « Tout ce monastère, que j'ai construit avec tant de peines et de soins, et tout ce que j'avais préparé à mes frères, doivent un jour, par un juste jugement de Dieu tout-puissant, devenir la proie des barbares. »

« Ce que Théoprobus a entendu de ses oreilles, ajoute saint Grégoire, nous le voyons de nos yeux, nous qui savons que le monastère de saint Benoît a été de nos jours complètement détruit par les Lombards. En effet, pendant la nuit, alors que les frères reposaient dans un profond sommeil, les Lombards l'ont envahi à l'improviste, il y a quelques années à peine (nuper). Toutefois, encore qu'ils y aient tout ravagé, ils n'ont pu mettre la main sur aucun homme, Dieu tenant ainsi la promesse qu'il avait faite à son serviteur de sauvegarder la vie des frères, bien qu'il dût livrer tout le reste aux mains des gentils. »

Paul Diacre nous atteste (1) que les moines emportèrent dans leur fuite le manuscrit contenant la sainte Règle composée par le saint législateur (2), avec quelques autres documents, ainsi que le poids de la livre de pain et la mesure de l'hémine de vin fixés pour les repas monastiques, et tout le mobilier qu'ils purent soustraire avec leurs personnes au vandalisme des barbares. Ils se réfugièrent à Rome. Ce lamentable événement arriva, selon Mabillon, vers l'an 580 (3), lorsque Bonitus était abbé du Mont-Cassin (4).

Paul Diacre, plus appliqué à faire l'éloge des Lombards, ses compatriotes, qu'à raconter leurs dévastations, passe rapidement sur ce fait et se contente d'ajouter que le Mont-Cassin resta dès lors une vaste ruine solitaire (4) et inhabitée (5), sans nous faire connaître les guerres incessantes et cruelles qui mirent obstacle à la reconstruction du célèbre monastère.

Les Italiens modernes l'ont nié (6). Selon eux, l'abbé Bonitus, peu de temps après l'invasion des Barbares (7), se hâta de renvoyer de Rome au Mont-Cassin quelques-uns de ses moines, pour continuer à faire rendre au corps de saint Benoît le culte qui lui était dû. Pour accréditer cette opinion, ils font appel à tous les arguments de la raison, du sentiment, de la convenance, ne craignant pas d'ajouter que toute négligence contraire eût rendu les moines expulsés du Mont-Cassin indignes de posséder plus longtemps un si vénérable dépôt (1).

Nous prenons acte de cet aveu, et, sans affirmer que ce fut le motif déterminant de la divine Providence, il ajoute du moins un trait de vraisemblance de plus au fait de la translation. Car si l'on écarte les suppositions gratuites et les raisons de sentiment, comme le critique impartial doit le faire chaque fois qu'il s'agit de se dégager de tout préjugé, on sera obligé d'avouer que les choses ne se sont point passées de la manière que les Italiens modernes le prétendent.

Non seulement Paul Diacre nous atteste que le Mont-Cassin demeura désert jusqu'au jour où les Français accomplirent leur larcin (2) ; mais Léon d'Ostie parle dans le même sens :

« Lorsque Dieu tout-puissant, écrit-il (3), eut décrété dans sa miséricorde omnipotente de restaurer le monastère du bienheureux Benoît, et de propager dans le monde entier l'institution cénobitique qui y avait pris naissance, il arriva, par la disposition divine, que Pétronax de Brescia, homme d'une insigne piété, poussé par l'amour divin, vint à Rome. Le vénérable pape Grégoire III (de l'aveu de tous, il faut dire Grégoire II) fut inspiré de lui confier la mission de se rendre au Mont-Cassin et de restaurer par ses soins le monastère de saint Benoît, qui ÉTAIT RESTÉ détruit et ruiné depuis tant d'années. Pétronax ayant consenti à cette proposition, le pontife l'envoya vers la sainte montagne, en compagnie d'un certain nombre de moines de la communauté du Latran (composée des moines jadis expulsés du Mont-Cassin par les Lombards). Pétronax (1) étant donc arrivé au lieu où repose le corps sacré de saint Benoît, s'y installa avec ses compagnons de voyage et aussi avec quelques hommes simples qu'il y trouva déjà en résidence. C'était l'an du Seigneur 720. Avec l'aide de Dieu et des mérites de saint Benoît, après avoir été fait abbé par les mêmes frères, il construisit et organisa d'une façon modeste quelques cellules pour les nouveaux religieux, et il réussit à réunir un grand nombre de membres d'une fervente ommunauté. »

Nous l'avons déjà fait observer, Paul Diacre est plus explicite sur l'abandon absolu du Mont-Cassin (locus ille hominum destitutus erat... cum in monte Cassini vasta solitudo EXISTERET) ; mais, on le voit, Léon d'Ostie n'affirme pas moins que jusqu'à l'arrivée de Pétronax, malgré la présence de quelques hommes simples, le monastère de saint Benoît ÉTAIT RESTÉ complètement détruit et dépourvu d'habitations, puisque le premier soin de Pétronax fut d'en construire pour lui et ses confrères (constructis decenter habitaculis) (2). Les hommes simples, dont parle Léon d'Ostie après Paul Diacre, n'étaient donc que des paysans, ou tout au plus deux ou trois solitaires qui s'étaient bâtis des cabanes sur les flancs ou sur le sommet de la sainte montagne. Nous disons tout au plus deux ou trois solitaires, car l'expression hommes simples convient mieux à des paysans qu'à des solitaires de profession; d'autant que Léon d'Ostie, après Paul Diacre, donne constamment, dans ce passage et ailleurs, le nom de frères (fratres) aux religieux, et jamais celui d'hommes simples, qui est inouï dans le langage monastique. Aussi bien, en associant de simples paysans à son oeuvre de restauration, Pétronax ne faisait pas une chose nouvelle. On ne distinguait pas encore les religieux en diverses classes, et saint Benoît suppose, dans sa Règle (3), que l'esclave et l'homme libre sont considérés dans le monastère sur le pied de la plus parfaite égalité. Ce n'est qu'au XIe siècle que l'on établit une distinction entre les religieux de choeur et les frères convers (1).

La seule bonne volonté de la part de ces hommes simples, de coopérer à l'oeuvre de la restauration du monastère suffit donc, aux yeux de Pétronax, pour les admettre au nombre des frères.

Lorsqu'on lit attentivement la vie, ou plutôt le journal de saint Willibald (2), l'un des plus précieux monuments hagiographiques du VIIIe siècle, avec la vie de saint Wunébald son frère (3), on y remarque une circonstance qui vient à l'appui de ce que nous disons. Bien qu'ils eussent grand soin, dit leur biographe, de visiter les principaux lieux de pèlerinages qui se trouvaient sur leur route (4), les saints voyageurs passèrent auprès du Mont-Cassin, en se rendant de Rome en Sicile par Terracine (5), sans s'arrêter pour implorer la protection du grand saint Benoît. Et certes on ne peut pas dire qu'ils ignorassent la gloire du saint législateur, eux qui venaient de l'Angleterre, où sa règle était alors en usage dans tous les monastères. C'était en 720 ou 721 (6). Neuf ans après, en 729 (7), à leur retour des Lieux-Saints, ils s'empressent, au contraire, de gravir la sainte montagne et y trouvent Pétronax à la tête d'un petit nombre de moines (paucos monachos) (8). N'est-ce pas une nouvelle preuve que le monastère, en 720, était encore à l'état de ruines et le pèlerinage délaissé ?

On le voit, tous les témoignages contemporains, ceux des étrangers comme ceux du Mont-Cassin, sont d'accord pour représenter sous la même physionomie la situation lamentable dans laquelle gisait encore, au commencement du ville siècle, le monastère fondé par saint Benoît.

Elle laissait une large porte ouverte à un coup de main exécuté par des hommes babilles et discrets.

Qu'on veuille bien le remarquer, nous faisons à dessein abstraction des causes surnaturelles qui ont pu intervenir dans l'évènement que nous allons raconter.

Dans un litige on doit éviter de produire des preuves niées à priori par la partie adverse. Or, les Italiens, qui se sont constitués les adversaires de la tradition française, rejettent naturellement toute intervention divine dans le larcin que nous prétendons avoir été commis à leur préjudice, bien qu'ils l'admettent dans certains autres cas où leurs intérêts ne sont pas en jeu. Nous écarterons donc, autant que possible, du débat, la preuve du miracle. La seule force des témoignages nous servira d'appui et de garantie.

Ces témoignages sont de plusieurs sortes, mais tous portent en eux-mêmes le cachet de la véracité, et leur ensemble forme comme un rempart inexpugnable contre les attaques de quiconque oserait nier la réalité de la faveur dont jouissent les habitants de Fleury, autrement dit Saint-Benoît-sur-Loire, de posséder le corps du saint patriarche des moines d'Occident.

Nous aurions pu les présenter par ordre de matières; nous avons préféré la méthode chronologique. Elle nous permettra de faire mieux ressortir l'enchaînement des phases diverses par lesquelles est passée la question que nous étudions, et ce sera pour le lecteur impartial comme une lumière nouvelle qui l'aidera dans le jugement définitif qu'il devra prononcer.

 

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